Le sexe est-il le cœur des nouvelles technologies ?

Le sexe est-il le cœur des nouvelles technologies ?

Ce jeudi 25 janvier fut l’occasion pour l’EEMI de recevoir :

afin de débattre du sujet de la Sex Tech et des enjeux que celle-ci soulève. Parce que le mot “Sexe” fut et est toujours l’une des recherches les plus effectuées, parce que comme le dit le célèbre mème “The internet is for  porn “ ( https://www.youtube.com/watch?v=YRgNOyCnbqg ), nous nous sommes demandés quel moteur d’innovation la sextech avait été et serait.

Qu’est-ce que la Sex Tech?

La Sex Tech regroupe plusieurs domaines : les médias pornographiques, les sex-toys, la webcam et tout ce qui pénètre ce champ d ‘application.
C’est aussi, la sexualité, l’amour, les relations sexuelles et la drague en utilisant les outils numériques qui sont disponibles pour satisfaire nos besoins et envies;
La Sex Tech est un marché de plus de 22 milliards de dollars à travers le monde, dont 200 millions d’euros en France. Ainsi, 30% des requêtes sur Internet sont liées au porno et la consommation de contenus X est très forte (près de 35% des téléchargements).
C’est aussi un marché au devenir exponentiel :  dominant plus de 60% des utilisations de la VR, loin devant le second en liste, les jeux-vidéo, la sex tech semble se préparer un avenir radieux .

Le porno et la tech, un sujet sensible

Pour autant a t on pu dépasser les habituelles barrières culturelles ou morales de nos sociétés par la seule nouveauté de l’outil technologique ? Visiblement pas et d’après nos intervenants cela n’est pas forcément souhaitable.

Des freins au système

Les principaux freins à l’avancement sont les investissements et les partenariats. On est pas prêt de voir des co-branding de renommée liés avec la pornographie.
Il est plus difficile de travailler avec les gros acteurs qui ont le plus de visibilité. Pour exemple, Adwords ne prend pas en compte les recherches pornos.

Des mentalités différentes en fonction des pays

La pornographie est un sujet tabou dans notre société et de grandes questions pèsent encore sur les conséquences sociales que peut avoir un métier au sein de ce milieu:

  • Nos intervenants ont insisté sur le fait que contrairement aux idées reçues, la sex tech est un milieu professionnel au meilleur sens du terme et qu’il ne faut pas se fier aux clichés qui circulent facilement : compétences fines et  professionnalisme rigoureux sont l’apanage de ce secteur.
  • Peut-on trouver un travail après avoir travaillé dans la Sex-tech?

La réponse est positive, mais il est difficile d’assumer pleinement son activité auprès de ses proches.

La solution à ces problématiques est simple et pourtant complexe à mettre en place: le débat pour changer les mentalités. Ce combat se passe avant tout dans l’éducation des adolescents sur le sujet.

La Sex-tech et la juridiction, un amour possible?

En France, le cadre juridique est compliqué. Les lois de 1998 interdisent la diffusion de pornographie aux mineurs.
D’après Hugues Mariton, les limites applicatives de ces lois sont brumeuses:  pour n’importe quel internaute, il est tout à fait possible de cliquer sur «  je suis majeur » même si on a 16 ans. C’est ce flou qui engendre beaucoup d’incompréhension et donc des applications douteuses.
Les sites pour adultes sont des sites où circule de l’argent et où la sécurité des données est donc indispensable afin de se protéger contre le vol de contenu ainsi que les données personnelles des internautes.

Les nouvelles règlementations européennes interviennent aussi sur ce secteur. Leur application en matière de protection des données personnelles est un des nouveaux leviers de croissance autant que d expérimentation pour le secteur de la Sex Tech. Depuis l’annonce de la mise en place de la réforme européenne qui se déploiera le 25 mai 2018:  la RGPD , une mise en norme de la sécurité des data est obligatoire afin de protéger et garantir la sécurité de la vie privée des internautes.

Qu’est-ce qu’innover dans le secteur de la pornographie ?

L’innovation consiste à l’introduction, dans le processus de production et/ou de vente d’un produit, d’un équipement ou d’un procédé nouveau:

Innover dans le monde de la Sex-tech c’est donc apprendre la sex-tech, se l’approprier et trouver des solutions qui satisfont les désirs des clients. Il est donc important de se diriger vers un processus d’Open Innovation dans lequel l’entreprise n’est plus « refermée » sur elle-même au sein de son département R&D, mais s’ouvre au contraire sur une diversité d’autres acteurs extérieurs

Meetic et Tinder font la même chose, mais c’est un point de vue marketing différent. C’est une nouvelle approche marketing qui pourrait être étudiée et  être mise en avant.

Le Design au centre de la compréhension des comportements

La sociologie et l’étude des comportements des utilisateurs sont deux notions indissociables du design dans le milieu de la Sex-Tech. 

Les sites adultes se ressemblent, ils sont obsolètes et la notion d’expérience utilisateur est délaissé au profit du contenu déployé. C’est une expérience que l’utilisateur s’attend à voir et pas uniquement un contenu ciblé. Assimiler ce que veut l’utilisateur répond aux mêmes problématiques que les autres secteurs d’activités.. 

L’expérience utilisateur doit également être pensée pour les handicapés, un sujet difficile qui demande de l’empathie afin de comprendre les différentes difficultés qu’une personne avec un handicap peut rencontrer lors de sa visite sur un site pornographique par exemple.

La sex tech dans le futur

L’innovation, voilà le fin mot de la Sex Tech. Les domaines d’applications de la Sex Tech dans le numérique sont vastes, voici 5 exemples types d’innovations dans la Sex Tech:

  • Les Hologrammes avec la captation d’images réelles et la retransmission en 3D des images. Mélenchon a pu le faire pour un de ses meetings, alors pourquoi pas la Sex Tech?
  • La Sex Tech ne s’applique pas uniquement au domaine du divertissement, mais peut également impacter le domaine médical:

Les troubles de l’érection ont été un terrain de recherche fertile et ont donné lieu à de nombreuses innovations thérapeutiques : Viagra, injections intra-caverneuses, pompes à vide permettent de pallier la plupart des troubles de l’érection de l’homme paraplégique.

Toutefois, dans les cas de pathologie de paralysie sévère comme l’hémiplégie, la difficulté n’est pas toujours dans l’obtention d’une érection mais plutôt dans la capacité au plaisir.

Une solution est étudiée: Un vibreur, placé sur le frein du prépuce et qui vibre aux alentours de 100 Hertz avec une amplitude de 2,5 mm permet, selon le niveau de la lésion et sa gravité, d’obtenir dans 70 à 80 % des cas une éjaculation.

  • La Domotique: Avec le développement des Sextoys connectés qui a séduit déjà plus de 66% des français et qui  reconnaissent vouloir essayer cette nouvelle technologie. Dans l’idée d’un épisode de Black Mirror. les Sextoys connectés pourraient nous permettre de ressentir les sensations de notre (nos) partenaire(s).
  • La VR & la RA: Le principe sera très simple : il suffira de coiffer un casque de réalité virtuelle tel que l’Oculus Rift, le Cardboard, ou encore le Samsung Gear VR pour profiter d’expériences pornographiques filmés (pour la plupart) en POV (Point of View) avec toujours des « scénarios de qualité »… Bref, vous avez compris le principe semble t-il….

La blockchain au service de la Sex-tech?

Les nouvelles technologies comme la Blockchain viennent s’intégrer parfaitement à cette révolution numérique dans le monde de la Pornographie. Droits d’auteurs, sécurité renforcée, cette dernière permet également d’intégrer de nouveaux modes de financement de projet orienté vers le sexe.

On peut citer par exemple:
Il y a une application (blockchain) pour donner son consentement avant l’acte. https://legalfling.io/

Vous l’aurez compris à travers ce résumé la sex-tech est un sujet riche, un business en pleine croissance et un sujet à débat. Pour illustrer ce sujet, nous vous proposons, ce jeudi 8 février un workshop autour de que l’on peut faire dans l’internet des objets avec des sextoys.

Ce workshop sera animé par Aurélien Fache, qui a précédemment animé la conférence « Une journée sous LSD : les réalités virtuelles ». 

Pour vous inscrire, c’est par ici !

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