Du sexe à la tech, le plug de deux mots pour une infinité de connexions : Prospectives d’innovation et de marché offertes par la sex-tech.

Du sexe à la tech, le plug de deux mots pour une infinité de connexions : Prospectives d’innovation et de marché offertes par la sex-tech.

Sexe et innovations technologiques : vous rêviez de pouvoir combiner deux de vos passions en une ? Vous n’êtes pas obligé(e) de répondre à cette question mais nous avons ici des informations qui pourraient vous intéresser. Si le terme “sex-tech” a tendance à vous faire penser immédiatement à des plaisirs insoupçonnés, à de nouvelles manières de consommer des images pornographiques ou autres vibromasseurs connectés … Laissez-nous vous dire que vous avez raison ! Les tabous liés à l’imagerie et à la consommation sont en train de disparaître de nos sociétés, pour notre plus grande joie, et apportent leurs lots de bonnes nouvelles. Voyons ensemble quelles prospectives d’innovations et de marché apparaissent désormais grâce au monde de la sex-tech.

 

Rétrospective du lien entre sexe et technologie

 

Le marché du secteur du sexe

 

Aujourd’hui, certains secteurs comme celui du luxe se portent très bien, et c’est également le cas pour le secteur du sexe. En 2017, la moitié des Français déclare avoir déjà utilisé un sextoy alors qu’en 2007, seulement 10% de la population disait en avoir essayé. Cette incroyable hausse soulève une question : que s’est-il passé ces dernières années ? Les consciences se sont incontestablement libérées et certains tabous semblent s’évaporer. On peut assez facilement en tirer une conclusion simple : il y a beaucoup d’argent à gagner sur ce marché en France. Les français ne sont d’ailleurs pas frileux face à l’innovation : 34% des hommes et 28% des femmes se disent intéressés par l’usage d’un sextoy connecté.

Le jouet n’est pas l’unique composante du secteur du sexe. Quid de la pornographie ? Aujourd’hui, on estime que 35% des contenus téléchargés sur le web sont des contenus à caractère pornographique. À cela s’ajoute le fait qu’en moyenne, 1 700 000 internautes par minute consomment des images pornographiques.

Récapitulons : un marché du sextoy enregistrant une croissance de 54% entre 2010 et 2013 atteignant les 22 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2016, une pornographie française générant 200 millions d’euros par an et 10 milliards de dollars aux USA. Ajoutons à cela les technologies de réalité virtuelles, et le fait que 60% des sites VRready visités sont des sites pornographiques. Par ailleurs ces derniers supplantent largement le numéro 2 de la VR, à savoir le secteur des jeux vidéo. Bien sûr nous parlerons plus tard dans l’article de robotique et d’autres applications encore plus folles de la sex-tech mais une chose est sûre, le marché du sexe est bien monté.

 

Société : sexualité et pornographie

 

Alors d’où vient cette libération soudaine de la parole et de la sexualité ? Pour répondre à cette question, un tour d’horizon de quelques œuvres artistiques grand public s’impose. Des films comme Nymphomaniac, Her, La vie d’Adèle (adaptée de la BD Le bleu est une couleur chaude) ou encore des réalisateurs comme Xavier Dolan questionnent notre rapport au sexe et font évoluer nos mentalités, nous rendant moins hermétiques aux images érotiques ou levant des tabous lors d’échanges avec d’autres personnes. Au travers de ces œuvres, nous faisons directement face à quelque chose que nous ne voyons pas mais que nous vivons. Explorer la psychologie liée au sexe et à la sexualité, comprendre la place de l’acte dans la société et ce à quoi cela peut renvoyer sont des démarches qui existent depuis très longtemps, notamment avec les travaux de Freud.

C’est ici qu’interviennent d’autres facteurs davantage liés aux sex-techs. Prenons l’exemple de la pornographie : un marché en perpétuelle croissance, comptabilisant des visites records sur le web, et représentant un usage majeur de nouvelles technologies comme la VR entre autres. Soyons clairs, la pornographie se démocratise et gagne une place qu’elle n’occupait pas avant. Rappelez-vous du film Boogie Nights de Paul Thomas Anderson dans lequel le personnage interprété par Mark Wahlberg joue une étoile montante de la pornographie. Sa célébrité explose et il évolue dans un écosystème bienveillant. Pourtant, nombre de ses collègues qui souhaitent se reconvertir ou faire appel à la justice pour régler un problème de garde d’enfants se voient refuser leurs requêtes en raison du milieu professionnel dont ils sont issus. Le film se déroule dans les années 1980 et la pornographie, bien que consommée, est encore un sujet sur lequel on ne peut pas échanger aussi simplement et librement que d’autres. D’autant plus que Boogie Nights se déroule aux États-Unis, et que la mentalité y est donc très puritaine. Aujourd’hui, l’apparition du web a changé beaucoup de choses : les images sont accessibles plus rapidement, gratuitement et provoquent ainsi une démocratisation de celles-ci. Tout cela a pour conséquence qu’aujourd’hui, 76% des 18-24 ans ont déjà visionné un film pornographique.

Nous évoluons dans notre rapport au sexe, à tel point que certaines personnes l’ont compris et entreprennent déjà de se lancer sur ce secteur au travers de projets ayant pour but d’apporter de nouveaux usages et de nouvelles manières de créer le plaisir.

 

Les acteurs de l’innovation dans la sex-tech

 

Les instigateurs

 

Les entrepreneurs et les esprits novateurs sont toujours fertiles et c’est bien ce que l’on attend dans le marché de la sex-tech : de la fertilité et de l’imagination. Vous rappelez-vous que Xavier Niel avait lancé sa carrière entrepreneuriale avec le téléphone rose ? Eh bien c’est chose faite. Il est également le fondateur de l’école 42 et c’est dans cette école que s’est déroulé le SexTechLab, le premier hackathon du sexe. Des représentants de The Family ou du Dorcel Lab étaient notamment présents. Par ailleurs, Dorcel fait preuve d’une vraie envie de pousser à l’innovation, le Dorcel Lab étant le premier incubateur de startups orienté sex-tech. Cet incubateur encore très jeune à l’époque du hackathon (qui a eu lieu en mai 2017) est la suite logique du premier investissement de Dorcel en ce sens : Uplust. Il s’agit d’un réseau social équivalent à un “Instragram non censuré” sur lequel des amateurs peuvent poster des photos érotiques ou pornographiques. Nous ne vous mettons pas de lien vers ce site pour des raisons évidentes, mais dans le cadre des recherches effectuées pour cet article, nous y avons fait un tour, et ça peut valoir le détour pour les plus curieux d’entre vous. Ainsi nous n’allons pas tarder à voir apparaître les premiers produits issus du Dorcel Lab et des hackathons portant sur la sexualité auront lieu prochainement aux États-Unis et en Australie.

Il est également intéressant de noter qu’être acteur de la sex-tech, même à toute petite échelle, est accessible. Le cas d’Aurélien Fache est assez parlant : il s’est amusé à faire en sorte qu’un sextoy connecté vibre chaque fois que l’ISS passe au-dessus de la France lorsque Thomas Pesquet était en orbite autour de la Terre.

Un grand mouvement est donc en train de prendre forme et nous verrons bientôt une multitude de projets mêlant sex-tech, santé, éducation, plaisir et d’autres expériences encore insoupçonnées. Toutefois, il ne faut pas se voiler la face : il y a des freins à l’innovation dans ce secteur car si le Dorcel Lab a été créé, c’est en partie parce qu’aucun fonds d’investissement ne souhaitait être lié à un tel marché.

 

 

Les freins à l’innovation dans la sex-tech

 

Sommes-nous coincés ? C’est la première question qui nous vient à l’esprit lorsque l’on voit que les banques, les fonds d’investissements privés (ne parlons même pas des publics) et autres moyens de trouver des fonds pour monter un projet sont totalement hermétiques à tout projet touchant à la sex-tech. Soyons clairs : si les investisseurs ne souhaitent pas s’y aventurer, c’est par fausse pudeur, alors que ce marché est conséquent et qu’il y a de nombreuses places à prendre. Pourtant, beaucoup de ces investisseurs semblent dire qu’ils ne désirent pas que leur nom soit lié à un tel marché. Mais qui pourrait les juger pour cela ? D’autres fonds d’investissements ? Cela serait étonnant après constat des bénéfices qui seraient réalisés. Le grand public ? Cela paraît plus probable mais il subsiste un questionnement : pourquoi ?

Nous l’avons vu plus tôt, notre rapport à la sexualité se libère. Peut-être sommes-nous considérés comme encore trop prudes ou trop pudiques ? Quoi qu’il en soit, cela reste un mystère pour nous. D’autant plus que des excuses comme le fait qu’il ne faille pas sombrer dans la luxure ou autres joyeusetés ultra-conservatrices n’ont plus vraiment lieu d’être dans une société où l’individu est mis au centre.

Les investisseurs semblent donc s’interdire de parier sur la sex-tech pour des prétextes assez obscurs. Quoi qu’il en soit, il s’agit là des seuls freins que nous espérons voir se rompre un jour.

 

La vision

 

Et si nous nous projetions ? Depuis quelques temps déjà, nous entendons parler de robot sexuels, véritablement déjà beaucoup plus proches des robots d’Isaac Asimov que de WALL-E. Certains sont déjà commercialisés et si vous avez quelques milliers d’euros à dépenser dans un(e) conjoint(e) mécanique, foncez : les robots n’ont pas de problèmes d’endurance.

D’autre part, certains expérimentent la sexualité autrement grâce aux nouvelles technologies. Connaissez-vous Second Life ? Il s’agit d’un jeu vidéo apparu au début des années 2000 dans lequel vous pouvez simuler votre vie. Il est aujourd’hui possible d’y avoir des rapports sexuels avec les avatars d’autres joueurs. L’apparition en parallèle de wearables permettant de ressentir des vibrations à divers endroits du corps ont permis à des personnes dans l’impossibilité d’avoir une vie sexuelle de trouver une alternative équivalente voire supérieure pour certain(e)s.

On peut également imaginer que si des technologies comme la VR font déjà largement partie du paysage de la pornographie et de la sextech de manière générale, des technologies de réalité augmentée pourraient faire leur apparition et qui sait, apporter une toute autre dimension à l’acte. Nous laisserons libre court à votre imagination quand à ce que vous pourriez voir grâce à vos lunettes connectées lors d’un rapport !

Toujours dans le plaisir, les sextechs peuvent être une solution très efficace pour des personnes dont les problèmes de santé seraient un obstacle. Permettre à une personne de guérir de troubles érectiles, aider quelqu’un ayant du mal à déterminer ce qui lui procure du plaisir, permettre à une personne physiquement handicapée d’avoir des rapports sexuels et même des personnes atteintes de maladies sexuellement transmissibles ! Beaucoup de personnes travaillent déjà à améliorer la vie de personnes en améliorant leur vie sexuelle car oui, la sexualité est essentielle (et que le premier qui pense le contraire nous jette la première pierre).

Pour notre part, nous avons hâte d’avoir l’occasion d’avoir nos premiers rapports avec des OS intelligents à la manière de Her, de voir les premiers transhumains sexuellement augmentés et de voir apparaître des robots capables d’interactions aussi poussées que les androïdes de Philip K. Dick.

 

Que pouvons-nous en conclure ? Et bien nous devrions être sur la bonne voie pour que le marché de la sextech se développe et qu’un grand nombre de projets puissent voir le jour. Il y a néanmoins encore du chemin à parcourir avant que nous ne parvenions à nous affranchir du poids des normes sociétales et de nos mentalités qui commencent à prendre de l’âge. Quoi qu’il en soit, l’Hexagone n’a pas à rougir de sa place dans le domaine de la sextech car tant que des acteurs comme The Family, Aurélien Fache ou le SexTechLab seront présent, nous pourront affirmer que du téléphone rose de Xaviel Niel à l’incubateur de Dorcel, le slip français semble aussi bien se vendre que s’enlever.

 

Nous vous donnons donc rendez-vous le 25 janvier à 19h00 dans les locaux de l’EEMI, au Palais Brongniart pour une conférence en partenariat avec GirlzInWeb sur le marché de la sextech durant laquelle nous accueillerons Hugues Mariton, directeur des opérations chez MARC DORCEL, Maeva Botrel, cofondatrice de SEXTECHLAB et Lucile Crosetti, DA et Graphiste du SEXTECHLAB. Vous pouvez vous inscrire ici, c’est gratuit ! Nous espérons vous voir nombreux !

 

Léo Martin.

 

Lien annexes et sources :

Dorcel s’impose au premier hackathon sex-tech français

Au sex-tech hack, plus vous criez, plus ça vibre

Visite chez Marc Dorcel qui veut booster les startups de la sex-tech

Sex-tech : les technologies de l’intime

La révolution sex-tech aura-t-elle lieu ?

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Pourquoi la sex-tech française bande mou

Women Of Sex Tech

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Rise of the Sex-Tech robots

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